Qualité de la langue : Texte bien écrit. Langage du quotidien et du ressassement du quotidien. Tout cela dans la « couleur » du roman policier et de ses conventions. On n’est cependant pas dans le réel, mais dans l’imaginaire. Un imaginaire fragmenté comme par un miroir à multiples facettes. On passe du poétique au trivial d’un fragment à l’autre, d’une phrase à l’autre. De là peut être le titre. L’entonnoir pourrait être celui de la moulinette dans lequel le texte a été passé pour ressortir sous forme de hachis (ceci dit sans connotation péjorative). Il y a de l’humour, mais est ce une forme comique ?
Structure dramaturgique : Univers mental. Comédie policière onirique où les différents niveaux se mélangent. Certains lecteurs conjecturent que l’assemblage a été composé de façon aléatoire par tirage au sort avec le respect de contraintes de type oulipien. Tentative formelle assez sophistiquée, donc. Il n’y a pas de chronologie, pas de noms clairs de personnages. La difficulté est grande de reconstruire une cohérence de l’ensemble. Le problème vient peut être des didascalies qui sont plus le retranscription de notes de mise en scène d’un spectacle ayant déjà eu lieu que des didascalies pour le lecteur futur. Qui n’a pas vu le spectacle a du mal à s’en emparer. Elles parasitent d’une certaine façon le texte. L’objet de l’enquête se dérobe. Enquête t’il sur une femme, sur un réseau d’influence ou sur lui-même ?
Thématique : La relation homme femme. Le réel et l’onirique. L’enquête sur l’enquêteur. Le complot ?
Récit ou histoire : Un policier en chaise roulante, quitté par sa femme, ressasse des fragments de son passé privé et professionnel entremêlés. Une sombre affaire de pouvoir est aussi en jeu, sans qu’on comprenne précisément laquelle.
Conclusion provisoire : Objet étrange, non dénué de charme, mais difficile à démêler.