Récit ou histoire : Une intervenante monte un spectacle dans une prison de femme. Au gré des répétitions et des pauses, la parole surgit dans le groupe. Les conflits se nouent. La mort sera au rendez vous...
Qualité de la langue : Très belle langue proche du Jazz. Pleine d’un élan toujours inattendu avec reprises, retours, rappels. Texte choral en circonvolutions autour du sujet. Une musicalité, une pulsation rythmique, toujours tendues vers l’avancée de l’action dans une attente jamais satisfaite. Ecriture magnifique, incantatoire, crue et poétique. Obscure et lumineuse, sensuelle. Comme improvisée et pourtant très tenue...
Structure dramaturgique : Texte proche de l’épique quotidien. Pas de didascalies. Pas d’indications scéniques, d’identification des personnages Nombre indéterminé de personnages féminins. C’est au lecteur d’inventer sa propre grille de lecture, à ses risques et périls. La musicienne qui tente hors champ de maîtriser Misterioso 119 de Monk donne métaphoriquement la clef de lecture de ce texte éclaté. Dans cette succession de monologues, de dialogues, de scènes de groupe, le lecteur ou le metteur en scène devra créer son propre chemin, découvrir sa propre vérité. C’est donc une structure complexe entremêlée avec des fragments du texte théâtral que ce groupe de femmes répète. Ce sont les nombreux niveaux du texte qui s’entrechoquent, apparaissent, bifurquent ou se répètent, qui, entre autres, lui confèrent une musicalité proche du jazz.
Thématique : L’amour de l’autre jusqu’à le dévorer. Des destins de femmes. L’emprisonnement et la liberté. L’apprentissage de la vie. La quête de l’impossible (l’amour ?). Comme si elles étaient déjà en enfer... L’idéal de l’amour y serait le sacrifice de la vie...
Conclusion provisoire : Un texte magnifique qu’on a envie de voir monter. Gros travail d’élucidation pour le metteur en scène mais aussi grande liberté...