Récit : Un vertige étrange empêche des parents de reprendre leur petite fille confiée à un couple plus riche et sans enfants. Finalement c’est la grande sœur qui ira la rechercher.
Qualité de la langue : Réalisme sélectif, Lyrisme quotidien. Onirisme sous jacent. Une belle langue, simple, à l’humour discret. Sous l’apparence de la banalité suinte finalement une « inquiétante étrangeté ».
Structure dramaturgique : Chronologique avec ellipses temporelles (De dimanche en dimanche). Situation répétitive. Ca pourrait être un cauchemar. Pas « d’effets spéciaux », mais on est pas loin du fantastique. On ne bascule cependant jamais de « l’autre côté ». On reste à la frontière. On est comme dans un engourdissement, dans le sortilège d’un sommeil fatal...
Thématique : Ce texte relate une étrange aboulie parentale. Ils veulent reprendre leur petite fille confiée à des amis, rien de concret ne s’y oppose, et pourtant ils n’y arrivent pas. Est-ce un problème de différence de classe sociale ? (La femme chez qui se trouve la petite est plus riche, plus cultivée, plus reconnue socialement) est ce un problème de gène ou de générosité ? (Cette femme n’a pas d’enfant) Une paresse ? Un manque de savoir faire ? De la malchance ? Et s’il s’agissait d’un texte « en creux » sur le désir inconscient de se débarrasser de ses enfants ? Le petit Poucet n’est pas loin. Et puis, il y a aussi cette valise qui n’en finit pas de s’enfoncer dans l’eau du lac. Et si le corps de la petite s’y trouvait ?
Conclusion provisoire : Faut il choisir entre l’amour (le couple) et ses enfants (quitte à les abandonner, les noyer ou les congeler...) Très beau travail sur la révélation des identités par l’absence d’un membre du groupe familial. L’amour familial sauvé par la fratrie. Pièce attachante par son mystère.