Récit : Philomène ne veut pas fêter ses sept ans. Elle voudrait être vieille tout de suite.
Qualité de la langue : Belle écriture. Au départ, on a un peu l’impression d’être dans le magazine « Elle » rubrique « Education : votre psy vous parle », mais très vite, surtout grâce au savoureux personnage de la petite fille, le texte dépasse ce niveau. La qualité de la langue sort de l’anecdotique. Les clichés sont détournés ou renversés. (Philomène réclame des claques. Elle devient irrévérencieuse. Elle se hisse au niveau de la philosophie). Les séquences sont très bien rythmées. Il y a beaucoup d’humour et de la poésie.
Structure dramaturgique : Fragments se succédant dans une continuité temporelle lâche. Mais finalement chaque séquence pourrait se suffire à elle-même. Aspect répétitif. On revisite la même situation sous divers angles. On pourrait imaginer une diffusion sous forme de BD hebdomadaire (Little Nemo ?) et pourtant c’est théâtral sous la forme d’une succession de « sketchs » qui finissent par construire un récit.
Thématique : L’éducation. La crise de l’autorité. Le désarroi post soixante huitard. Les grandes questions existentielles vues à travers les yeux d’une petite fille.
Conclusion provisoire : Très beau personnage de petite fille (qui peut être joué selon l’auteur par une actrice de n’importe quel âge). On pense à Zazie. Personnage générique auquel on pourrait imaginer une suite, de nouvelles aventures. C’est vraiment un texte pour acteurs, très bien rythmé. Du théâtre pour grandes personnes (joué par des enfants ?) ou pour enfants (joué par des adultes ?).
Quelle sale gosse, mais quel plaisir !