Eva est une femme active. Un vrai réacteur nucléaire. Il faut dire qu’elle a du pain sur la planche : deux enfants adolescents et un dernier arrivé sur le tard, un mari intérimaire qui passe son temps à perdre ses convocations à l’agence ou à l’ANPE, une mère qui débarque d’Amérique du sud...
Véritable réacteur nucléaire de la pièce, Eva fraye son chemin comme une résistante, avance et fait avancer son petit monde, avec le quotidien pour combat. Dans une pièce apparemment légère qui fait alterner scènes et songs, Louise Doutreligne aborde tout en finesse et en profondeur de nombreux thèmes et brosse un tableau très juste du monde contemporain : les relations inter-générations, le chômage, le partage du travail, l’intégration, la sexualité, la drogue, le racisme, la vie dans les banlieues, les secrets de famille, l’histoire et l’Histoire, l’enfance et comment ont vit avec son passé, la question des nouvelles générations et de l’effacement de la mémoire...
Comment se construit-on ? Comment construit-on ailleurs que là où est notre enfance ? C’est peut-être à partir de ce que la vie nous a fait perdre qu’on peut construire quelque chose qui ressemblerait au bonheur.
Autour de ce personnage à mi-chemin entre Rosetta et Mère Courage, qui n’arrête pas d’agir et de faire, gravite une galaxie de personnages magnifiques. Une pièce pour tous les publics (et notamment le public adolescent), riche et généreuse en humanité. C’est rare que le théâtre contemporain sache si bien à la fois nous donner à voir la complexité du monde d’aujourd’hui et nous faire rire.