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Saison 2006/07

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  Comédie biblique
1 homme, 3 femmes
1h30
Tout public dès 12 ans
 
   
     

   
Si ON n’existait pas de Serge Bourhis

Nous remontons de manière incisive et humoristique aux origines de l’amour et des grands mythes de l’humanité. ON, figure du créateur universel, à la fois femme (comme le souhaiterait l’auteur), homme et père soucieux et amer, veut créer une compagne (et une postérité) à son fils Adam, rebelle adolescent et encore trop animal. Mais la première rencontre entre Adam et Eve est une catastrophe. Face à l’ingratitude de ses enfants qui refusent d’accomplir le destin de reproduction qui leur a été assigné, ON n’a d’autre choix que de faire intervenir Lili (double comique de Lilith), femme sensuelle, un rien perverse, capable seule d’efficacement éveiller le désir de l’homme. Mais ce n’est pas si simple : Lili reste aussi l’incarnation de la vie libre, loin des oppressions patriarcales et de la désolante animalité du mâle.

Lorsqu’Eve tombe finalement enceinte et qu’Adam, pris de frayeur devant la paternité s’enfuit, nous comprenons que Lili est la maîtresse d’Adam et l’amie d’Eve, véritable conseillère féministe. Par ailleurs, l’enfant sera-t-il fille ou garçon ? Les épisodes et coups de théâtre (empoisonnement, double-jeu, manipulation...) se succèdent dans ce vaudeville au Paradis... jusqu’à ce qu’à la fin, ON, décidément humain - trop humain, meure d’une crise cardiaque, laissant pour tout mâle à l’humanité le nouveau-né Caïn, premier meurtrier de l’Histoire...

Le texte est truffé de références : on passe de la littérature enfantine à la poésie anglaise, en passant par la Genèse bien sûr, mais aussi la peinture de la Renaissance ou les postulats communistes. Du Nietzsche en version boulevard ? Si, dans cette pièce à l’écriture réjouissante et irrévérencieuse, le mot « Dieu » n’apparaît jamais, la figure tutélaire est cet être tellement humain qui pleure, noie son chagrin dans l’alcool, veut être aimé, révèle sa faiblesse et sa faillibilité, avoue avoir créé l’homme par pur ennui... La mort de Dieu et donc sa disparition posent l’éternelle question du sens (signification et direction) de la vie. Comme toutes les comédies de qualité, la pièce de Bourhis est finalement... tragique.

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