L’Espérance est le nom d’un voilier nantais à la dérive en plein océan atlantique, sur lequel gît Tamango, à moitié mort d’épuisement. Recueilli et soigné par le capitaine Victor, Tamango commence le récit de son histoire :
Au Sénégal, le chef et guerrier Tamango est de retour chez lui après avoir capturé deux cents hommes, femmes et enfants. Il compte les échanger avec le négrier Ledoux contre de l’alcool et des armes. Or, pendant le marchandage, Tamango se saoule et une fois ivre, finit même par vendre Soyané sa favorite. Aussitôt dégrisé, Tamango s’embarque à la poursuite de l’Espérance qui a mis le cap sur la colonie de la Martinique et à bord duquel ont embarqué le négrier et ses esclaves. Il veut en effet à tout prix récupérer Soyané. Mais il est finalement lui aussi capturé. En partageant le sort des autres esclaves, Tamango se repent et grâce au soutien de Goso, le musicien conteur du village, qui avait pourtant réprouvé les agissements de celui-ci, il réussit à rassembler les esclaves derrière lui. La mutinerie réussit et Ledoux se voit contraint de remettre le cap sur l’Afrique. Mais, sur le chemin du retour, le mât est rompu : impossible donc de pouvoir rentrer... et le bateau dérive.
Cette histoire qui prend sa source dans la réalité historique de l’esclavage débouche sur une réflexion plus large : la contrainte de l’homme par l’homme, la complicité active ou passive d’une action criminelle, la collaboration, la notion de profit, l’ambiguïté de la nature humaine...
Dans ce texte adapté du récit éponyme de Mérimée, l’oralité et les sons (bruits de tempête, cora, gospels que chantent les esclaves, etc...) sont très présents et les personnages très nombreux. Si une mise en scène théâtrale s’avère complexe à réaliser, on peut en revanche imaginer avec appétit une mise en scène marionnettique : vieux grééments, scènes de marine « à la Conrad », village africain,... foules des esclaves et des marins... Une pièce singulière, efficace et intelligente pour le jeune public.