Lorsqu’Adèle et Théo se sont retrouvés, une fois sortis des camps de concentration à la fin de la guerre, Adèle a tiré un trait sur son passé et a dès lors imposé qu’on l’appelle Mireille. Trente ans plus tard, Théo ne supporte plus ce prénom, il décide alors d’opter pour la vérité et de tout lui avouer : c’est lui qui l’a dénoncée à la Gestapo sous la torture. Or, Mireille-Adèle l’a compris depuis le jour de son arrestation. L’horreur les rattrape et pour s’en débarrasser, Théo et Mireille élaborent un plan : retrouver leur bourreau, tortionnaire et violeur, Maurice, et se venger de lui. Au bout de leurs recherches, ils le retrouvent père et grand-père, aimant et aimé. Maurice nie au début puis finit par avouer. Quelle vengeance choisir alors ?
"J’en ai marre de la peur. J’en ai fait provision pour le restant de mes jours et de mes nuits, on la passe par profits et décombres, la peur. La maison n’accepte que la joie."
Le langage se fait souvent cynique : "Mais alors là ! Tortionnaire ! Dis donc c’est pas rien ! Et ils ne t’ont même pas décoré ! La Légion d’honneur ! " / "Le chantage une fois démarré, c’est comme l’orgasme, faut que ça aille jusqu’au bout ! " / "Le métier de bourreau n’est pas ce qu’on croit. Il t’a cogné à mort mais il ne te méprise pas. "
On grince des dents, on hésite à sourire. Enfin, on finit par avoir la chair de poule. Cette pièce soulève la question de la "juste" vengeance, comme le montre la dernière réplique " Le mépris confère à la vengeance la douceur du miel". On pense aux rescapés. Au procès de Nüremberg ; on pense à Bousquet, Papon, Touvier et tous les autres ... De très beaux rôles pour des comédiens âgés. Une pièce sur l’oubli, la mémoire, l’Histoire, qui ne verse jamais dans le didactisme.