Meda et Eva sortent du ventre de la terre et découvrent qu’ils sont liés par un cordon. Ils finissent pourtant par se séparer. Chacun d’eux se choisit un monde et une façon d’être dans ce monde. Eva veut construire tandis que Meda préfère entrer dans l’âge du « faire ». Eva plante des graines, Meda les mange, et son « yakafaire » se révèle être destructeur : « Yakafaire, faire et défaire, défaire et refaire, yakafaire, faire avec la terre, faire avec la pierre, yakafaire, yakafaire du fer, yakafaire du verre, du fer et du verre chauds comme l’enfer, yakafaire, tant pis si ça pollue l’air, tant pis si ça salit la mer, yakafaire la guerre, tant pis pour l’univers... ». Il faudra attendre les retrouvailles avec Eva pour qu’un avenir semble possible.
La pièce de Raphaël France-kullmann s’adresse aux tout-petits, on reconnaît les étapes par lesquelles passe leur acquisition du langage, mais elle est aussi apte à faire penser les grands. Nous ne sommes pas loin de la chute d’Adam et Eve. A la fois simple et très construite, la pièce aborde les thèmes de la construction de l’avenir, du respect de la terre, du caractère universel de l’Homme. Enfin, au-delà de la fable écologiste et humaniste, l’histoire de Meda et Eva est aussi celle de la parole : d’abord vinrent les voyelles, les syllabes, les exclamations, les onomatopées, et les mots furent, ... et les comptines fusent. Un texte drôle, tendre, facile d’accès, imaginatif.