Vingt quatre très courts dialogues (« Le jour où mon ennemi viendra », « Le rond qui gonfle », « La recette d’amour », « L’anniversaire »...), dans lesquels Miche et Drate, deux amis, deux clowns-philosophes usent du langage comme passeport. Si Drate questionne, doute, a peur, Miche est là pour rassurer, raisonner, accepter : « Il faut comprendre sans réponse ».
Leurs dialogues ciselés (on pourrait imaginer aussi bien une mise en scène avec des acteurs qu’avec des marionnettes) font mouche : Chevrolet préfére la poésie et la logique à la psychologie : du coup, son Auguste et son clown blanc nous emportent, avec un minimum de mots, dans leur métaphysique ludique, où l’absurde n’est pas si absurde, et le rationnel pas si rationnel... Un texte qui plaira autant aux admirateurs de Toon Tellegen qu’à ceux de Samuel Beckett.