Désiré Omgba propose un conte fait de lenteur et de majesté, mais surtout de sagesse et d’intelligence. Un jour, Kulu la tortue rassemble tous les fils et les filles Ekan : « Tout va mal dans notre monde, allons voir Mevoungou le sage pour devenir maître de notre environnement. Partons demain ».
Mais le lendemain seuls Kulu et Mot binam l’homme sont au rendez vous. Ils partent. Grâce à eux, nous sommes conduits nous aussi vers Mévoungou où nous attend une leçon de vie : « Etrangers » peut être le plus beau des noms, et la cupidité, le plus grand des défauts. Ce conte-tortue nous amène sur les terres de la sagesse africaine et peut bouleverser les idées que nous nous faisons du conte dans un contexte occidental. La clé de l’histoire semble échapper...
La fin de ce petit conte est cruelle, et il n’y a pas de prime abord une morale qui saute aux yeux. On y retrouve les thèmes de l’hospitalité (repas, accueil pour la nuit), de l’importance de ne pas rester ignorant, de ne pas entretenir sa cupidité, de s’ouvrir aux autres : si l’on ne choisit pas le mode de la solidarité pour vivre, on bascule dans la cupidité. Cupidité qui conduit à la mort.
Un conte qui donne envie de le voir interprété avec des marionnettes.