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Saison 2006/07

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  Les activités du TJP
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  1 femme
Genre : mélodrame médical pour lecteur en très bonne santé physique et psychique
Durée estimée : 1 heure
Public : adultes
 
   
     

   
La Mère de Mère de Alain Gintzburger

À l’hôpital, une mère parle à sa fille, malade du cancer, en phase terminale. Dans un monologue extrêmement cruel et cinglant (on rit jaune, on rit noir, on ne rit pas du tout), elle lui jette à la figure tout ce qui fait d’elle un malheur ambulant, un malheur hospitalier. Elle compare le développement du cancer dans le corps de sa fille au développement de sa fille/foetus dans son propre corps de femme enceinte. La mère a engendré un parasite qui a engendré un cancer, elles vont en mourir ensemble, mère et mère. C’est un long cri d’amour vache où peu à peu, la mère semble devenir la fille de sa fille, et vice-versa (« La terre est un œuf dans un œuf », dit-elle à la fin).

Au travers d’une déclamation accusatrice, une génération prend conscience de l’évolution rapide du rapport au corps, à la maladie, à l’avancée médicale et des enjeux induits (procréation « à la carte », liberté accrue de disposer de son corps, difficulté d’insérer les rapports humains dans ce nouveau cadre où l’artifice, le fruit de la Science, prend le pas sur les processus naturels). Le texte « creuse » ces problématiques en revenant sur leurs points communs : créer un corps à partir d’un corps, accueillir ce principe de survie sans le remettre en cause et, en filigrane, acquérir la capacité de transmettre le lot d’amour maternel nécessaire à la « sublimation » de toute naissance.

Une écriture fouillée, qui sait absorber des fragments de langage préexistants, préfabriqués, aussi divers que des slogans publicitaires, des versets bibliques, des diagnostics chirurgicaux, des extraits d’horoscope, ... Le texte avance en spirale. C’est du langage en prolifération, exactement comme le cancer. La déchirure s’opère et s’accroît au fil de la lecture entre le drame et le rire. Un texte magnifique pour une comédienne, qui peut jouer la mère, la fille, et surtout l’entre-deux, ou les deux, et voyager dans tous les registres du théâtre.

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