Notre histoire se passe dans une ville de province, peut-être Saint-Rémy-de-Provence. Les forains s’installent sur une place publique pour la fête qui doit avoir lieu le lendemain, il est tard. L’Inspecteur vient vérifier les installations et il décide de regarder l’état de la maison des horreurs malgré les propos dissuasifs de la Vendeuse de Chichis...
Il croise la Femme qui a un couteau enfoncé dans l’œil gauche poursuivie par le Lanceur de couteau ivre. Elle part comme tous les soirs après minuit trouver dix amants auxquels faire l’amour ; c’est ainsi, elle ne peut faire autrement et il le sait lui aussi.
L’animal qui ressemble parfaitement à l’homme veut savoir si la mémoire de l’Inspecteur est plutôt de type chaussure ou parapluie... La première est la mémoire de la continuité, la deuxième est plus capricieuse, faite de trous...
L’Inspecteur ouvre les portes de la maison ambulante les unes après les autres et découvre la chambre des couteaux volants, des têtes coupées, des joyeux bouchers, du mistral, des pendus... Il y a de nombreuses autres personnes : des Kurdes venus se réfugier là pour passer la frontière plus facilement, un résistant du Vercors, une mariée et son fiancé... Toutes ces personnes sont entrées dans cette maison à un moment de leur vie et n’en sont jamais ressorties. Mais ce soir là, les portes grandes ouvertes appellent tout ce beau monde vers l’extérieur...
Entre farce et fable décapante, Matéï Visniec nous plonge dans un monde de fées dans lequel les anges dorment dans les poubelles et les animaux parlent. Joli barouf que font ces personnages extravagants ! Ils semblent nous poser des questions à travers leur quête désespérée de l’autre. L’homme retient-il quelque chose des massacres et des erreurs du passé ? C’est aussi une maison de fous, peut-être un grand rêve qui ne s’éteindra qu’au petit jour ?