Un homme parle dans un langage légèrement altéré : c’est un récit de vie qui est ici proposé, on peut y reconnaître une certaine chronologie (de la naissance du héros à sa rencontre avec l’amour de sa vie), des événements comme autant d’étapes dans sa biographie (premiers pas, jouets d’enfant, adolescence, collège, premières cuites, premier amour, ...). D’autres laissent plus d’espace à l’imaginaire : « accident de motobelette », « explosition universelle », jusqu’à ce mystérieux « morceau de vie qu’on appellera par la suite Grand Un Petit Deux Petit A deux points à la ligne et alinéa ».
Le style est inventif mais jamais complaisant. Les phrases, les paragraphes sont resserrés : ça avance sans cesse. Il y a une nécessité à raconter.
Le texte oscille entre poésie et fable... Allitérations, assonances et anaphores viennent ponctuer le texte, lui apportant fantaisie et légèreté.
La présence encore d’oxymores et de néologismes renforcent l’originalité de l’écriture... Notre œil lit autre chose que ce que nous comprenons. De multiples jeux de mots, des jeux sur le langage ; ce voile qu’est la déformation des mots sert surtout à dévoiler, à ouvrir avec énormément de poésie, de fantaisie, des pistes d’incarnation : un texte qui mériterait d’être travaillé à mi-chemin entre théâtre et clown, avec tout l’espace sur le verbal et non-verbal que cela peut impliquer.